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Sommaire

-Quand Art Spiegelman a le blues (28/01/2005)
-Vers une interdiction du P2P en Belgique ? (4/01/2005)

- Le protectionnisme des riches sabote les efforts des pauvres (01/11/2004)

-Etats-Unis: des aberrations scientifiques pour mieux prêcher la chasteté (2/12/2004)
-Les jeux vidéos tuent ! (24/11/2004)

-Une étude évalue à 100 000 le nombre de civils morts en Irak (29/10/2004)
-Manu Chao et le P2P (29/10/2004)


 
 

Les Niouzes

 
 
Présentation

01/11/2004

Amis de l'objectivité et du politiquement correct, passez votre chemin !

Dans cette rubrique, vous trouverez une petite sélection d'articles d'actualité.

N'hésitez pas à me soumettre vos articles que vous jugez dignes d'intérêt, je ne suis pas sectaire.

En tous cas, réagissez ! Soyez dubitatifs et méfiants ! Vérifiez avec d'autres sources et contredisez-moi ! Ne soyez pas des Lemmings ! Montrez-moi que vous faites attention aux détails !

 

 
INTERVIEW - Quand Art Spiegelman a le blues



Vendredi 28 janvier 2005

Courrier International
Art Spiegelman évoque ses angoisses à la suite de la réelection de Bush; avant son départ pour le Festival de la bande dessinée d'Angoulême.


Courrier International : Qu'est ce qui vous a poussé à concevoir cette planche intitulée Le Blues de l'investiture ?
ART SPIEGELMAN : La souffrance liée à l'élection du mois de novembre. J'aimerais beaucoup trouver le médicament idéal, ou un moyen de me cacher qui soit meilleur que ce que j'ai trouvé pour le moment. Mais je me rends compte que je n'arrive ni à m'engager entièrement, ni à me désengager entièrement. J'aimerais pourtant être capable de faire l'un ou l'autre. Alors pour le moment, j'essaie de produire quelque chose à partir de mon expérience personnelle. Quelque chose qui puisse m'apaiser quand je lis les journaux. Quand c'en est trop, quand j'explose, je dessine une planche comme celle qui parait cette semaine dans Courrier International. Je pense que je vais avoir besoin de continuer ainsi pour maintenir une sorte d'équilibre.

Comment avez-vous eu l'idée d'utiliser Mood Indigo, la chanson de Duke Ellington ?
J'avais Mood Indigo et d'autres morceaux de blues dans la tête depuis l'élection de Bush – celle de 2004, celle où Bush a été effectivement élu pour la première fois. C'est sans doute parce que le blues exprime magnifiquement le désespoir associé à cette élection.

Quel effet cela fait-il d'avoir un président qui se pose en missionnaire mondial de la liberté ?
J'espère qu'il commencera ici, aux Etats-Unis.

Vous montrez dans cette planche des Américains fuyant vers Montréal. Avez-vous envisagé de vous exiler ?
J'aimerais beaucoup m'enfuir et aller vivre en France pour les quelques années à venir. Le seul problème est que ma femme est française, et qu'elle n'a aucune envie d'y retourner ! Je connais des gens qui se préparent à aller au Canada, mais je ne pense pas que ce soit la solution. Pour le meilleur ou pour le pire, il nous faut espérer que l'administration Bush se détruira d'elle-même, et qu'elle le fera sans nous emmener avec elle dans sa chute.

Y a-t-il de l'espoir du côté des républicains ?
Ce qui donne un peu d'espoir, c'est que le parti républicain pourrait se fendre en deux. Il donne des signes de stress. Les nouveaux conservateurs sont de plus en plus en conflit avec les républicains plus traditionnels qui aimeraient, par exemple, voir un budget équilibré, où qui s'inquiètent des nouvelles aventures politiques du président. Il est possible – mais pas sûr – qu'il y ait une bataille à l'intérieur de la majorité.

Comment expliquez-vous que les démocrates soient si peu efficaces ?
Ralph Nader – qui s'est montré assez méprisable dans cette élection en essayant de couper l'opposition en deux – a malheureusement raison : les républicains et les démocrates appartiennent au même club. Ils ont plus de choses en commun qu'ils n'en ont avec les citoyens qu'ils sont supposés représenter.

C'est vraiment votre sentiment ?
Ecoutez, quand la veille de l'élection, on a vu Kerry chanter aux côtés de Bruce Springsteen la chanson No surrender [Pas de capitulation], et à midi le lendemain de l'élection il capitule. Cela indique que Kerry n'avait pas saisi la situation d'urgence qui lui a valu un tel soutien. Selon moi, les démocrates n'auraient pas dû reconnaître la victoire de Bush. Il y a eu plusieurs parfums douteux dans cette élection – dans l'Ohio, en Floride... Même si plusieurs millions d'Américains ont préféré ce gouvernement, dans un grand pays comme les Etats-Unis, cette majorité n'est pas si importante - c'est l'équivalent, par exemple, de 500 000 personnes en France. Le parti démocrate aurait du insister pour prouver que cette élection a été truquée – ce qui a été le cas et apparaîtra de plus en plus clairement dans la presse. Le seul moyen de remettre le processus électoral sur les rails consiste à faire pression sur le gouvernement. Les démocrates ne l'ont pas fait alors que c'était leur premier devoir. C'est un système à deux partis et ils ont trop de choses en commun. Vous savez, les Etats-Unis ont peut-être apporté la démocratie au monde, mais ils en sont eux-même encore à la version test.
Propos recueillis par Jacques Froment

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Vers une interdiction du P2P en Belgique ?

Mardi 4 janvier 2005.

Vers une interdiction du P2P en Belgique ?

Radio Torpedo La SABAM, Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs, en procès avec l’opérateur Tiscali depuis le 25 novembre dernier, vient d’obtenir gain de cause auprès du tribunal de première instance de Bruxelles. Tiscali devrait interdire l’utilisation pur et simple du peer to peer sur son réseau, un doute planant encore sur la faisabilité technique du blocage.

Une telle décision, qui porte non plus sur le contenu mais sur la technique elle-même, risque de se révéler très problématique car, si le P2P est largement utilisé pour la diffusion de contenu tombant sous la coupe du droit d’auteur, il n’en est pas moins utilisé pour la diffusion de contenu libre de droit : distributions linux, artistes non-affiliés, etc. Le P2P avait, pour ce public, l’avantage de ne pas nécessiter d’utilisation de serveur d’hébergement pour la mise à disposition de ce contenu. Des compensations pourront-elles être demandées (offre gratuite de téléchargement, etc.) ?

Il est à noter que si la décision ne concerne pour l’instant que l’opérateur Tiscali, la porte est désormais ouverte à l’interdiction totale du P2P en Belgique. Et il s’agit là d’une voie toute tracée où d’autres sociétés européennes de protection de droits d’auteurs (pensons à la SACEM en France) ne manqueront pas de s’engager.

Selon les dernières infos , une interdiction est peu probable voire impossible, tant pour des raisons techniques, que judiciaires (appel etc... vu la rapidité de la justice belge...) ou politiques (actuellement une telle décision serait impopulaire)

Ce que le jugement dit c’est que sur le fond la plainte est justifiée, MAIS que l’infraction est plus a rechercher auprès de l’utilisateur que du fournisseur.

En ce qui concerne le blocage technique des « p2p » demandé à Tiscali par la Sabam, le président du tribunal a estimé qu’il n’était pas compétent pour juger de la faisabilité technique d’une telle opération mais qu’un expert serait chargé de voir si c’est possible ou pas.

On n’en est pas encore à l’interdiction des peer to peer sur tiscali ou ailleurs, mais le danger est réel..

Radioair Libre

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Le protectionnisme des riches sabote les efforts des pauvres

Lundi 10 janvier 2005

WASHINGTON (AFP) - Le protectionnisme des pays riches sabote les efforts des pauvres pour libéraliser leur production agricole, secteur crucial pour ces pays où 70% de la population vivent à la campagne, a dénoncé lundi l'économiste en chef de la Banque mondiale, le Français François Bourguignon.
"A cause de leurs droits de douane et de leurs subventions, les pays riches sabotent les efforts et les progrès réalisés par les pays pauvres", a lancé le responsable devant la presse, en présentant un rapport sur le commerce des produits agricoles dans le monde. Depuis le début des années 1980, les pays en développement ont considérablement amélioré leur productivité et ont, lors de la dernière décennie, abaissé le niveau moyen des droits de douanes sur les importations de produits agricoles de 30% à 18%, souligne le rapport.

Il note également la dévaluation des monnaies, l'abandon des systèmes de taux de change multiples et abolition de pratiquement toutes les taxes à l'exportation. En revanche, les Américains et les Européens, premiers négociants en produits agricoles au monde, continuent de subventionner amplement leurs agriculteurs. Pour le seul marché du coton, d'une valeur de 20 milliards de dollars, les producteurs européens ont touché en 2001-2002 un total de 3,7 milliards de dollars d'aides officielles, et leurs collègues américains un milliard de dollars, au détriment des petits producteurs pauvres d'Afrique. "Si l'on abolissait les subventions aux producteurs américains de coton, les revenus des agriculteurs en Afrique centrale et de l'Ouest augmenteraient de 250 millions de dollars", affirment les auteurs du rapport pour qui la libéralisation du commerce agricole est un élément clé pour la réduction de la pauvreté dans le monde.

"Le message n'est pas nouveau", note M. Bourguignon, "mais ce rapport examine la situation en détail comme cela n'a jamais été fait auparavant". Entre 2000 et 2002, malgré les accords multilatéraux dit de l'Uruguay round sur la libéralisation du commerce, les accès aux marchés et les aides, les pays de l'OCDE ont versé un total de 230 milliards de dollars de subventions à leurs agriculteurs, dont 63% par le biais de soutiens aux prix et 37% d'aides directes à la production. Ces soutiens financiers ont représenté 46% de la valeur de la production agricole dans l'OCDE.

"Si les murs du protectionnisme ne tombent pas, alors l'accroissement de la productivité (des pays pauvres) se traduira par plus de production, des prix en baisse, ce qui heurtera les efforts des pays pauvres à étendre leurs exportations et améliorer leurs revenus dans le secteur agricole", a encore estimé M. Bourguignon. Autre grief noté par le rapport, le coût exhorbitant du système d'accès préférentiel mis en place par l'Union européenne et les Etats-Unis auxquels il en coûte plus de 5 dollars pour chaque dollar de produits agricoles importés de cette façon. Ce système garantit l'importation à certains pays d'un quota de leur production. Après avoir identifié les perdants et les gagnants, variant selon les marchés examinés, le rapport préconise "une libéralisation des politiques coordonnées au plan mondial (...) permettant également aux pays de compenser les pertes subies dans certains produits de base par des gains réalisés dans d'autres".

Le rapport examine en détail la situation d'une série de produits agricoles de base: sucre, coton, blé, riz, produits laitiers, fruits et légumes, arachides, fruits de mer et café, secteurs pour lesquels les pays riches continuent de verser des milliards de dollars pour protéger leurs producteurs.

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Etats-Unis: des aberrations scientifiques pour mieux prêcher la chasteté

jeudi 2 décembre 2004


WASHINGTON (AFP) - Le sida traverse les préservatifs, l'avortement rend les femmes dépressives, un embryon de 6 semaines "peut être considéré comme une personne consciente": des manuels d'éducation sexuelle multiplient les aberrations scientifiques pour prêcher l'abstinence aux jeunes Américains.
Alors même que l'Etat fédéral finance généreusement les programmes d'éducation sexuelle prêchant l'abstinence comme seule méthode efficace contre maladies et grossesses non désirées, l'enseignement dispensé contredit bien souvent les positions des autorités sanitaires.

Un rapport parlementaire indique que sur 13 des manuels les plus populaires utilisés dans 25 des 50 Etats américains, onze contiennent "des erreurs majeures et distorsions" de faits. Globalement, ils "déforment la réalité sur l'efficacité des contraceptifs, donnent de fausses informations sur les risques de l'avortement, entretiennent un flou entre science et religion, traitent comme des faits avérés des stéréotypes sur filles et garçons, et contiennent des erreurs scientifiques de base", selon le rapport commandé par un démocrate californien, Henry Waxman.
Le résultat, c'est que, mal informés, les jeunes ne savent pas se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) et éviter les grossesses. "Les jeunes ayant fait des voeux d'abstinence recourent moins à la contraception quand ils ont tout de même des rapports, et font moins de dépistage de MST", constate une étude récente de l'Université Columbia. Bien souvent teintés de positions défendues par des organisations religieuses ultra-conservatrices, certains manuels présentent l'avortement comme une procédure particulièrement dangereuse, et meurtrière, puisque des embryons à peine formés sont considérés comme des personnes à part entière.
Ainsi un manuel intitulé "moi, mon monde, mon avenir" affirme que "5 à 10% des femmes ne pourront jamais plus être enceintes après un avortement légal". "En fait, précise le rapport, les manuels d'obstétrique enseignent que la fertilité n'est pas altérée par un avortement volontaire". A en croire le même manuel, contredit par les recherches médicales, un avortement multiplierait aussi les risques de naissances prématurées et de grossesses extra-utérines ultérieures, et "après un avortement, selon certaines études, les femmes sont plus prédisposées au suicide". Par ailleurs, "plusieurs programmes présentent comme des faits scientifiques des définitions morales ou religieuses" des embryons. L'un d'eux explique qu'"à 43 jours, des ondes électriques sont détectables dans le cerveau, preuve d'une activité mentale. Cette vie nouvelle peut être considérée comme une personne consciente".

Sur la contraception, un manuel affirme que "dans les rapports hétérosexuels, dans environ 31% des cas les préservatifs n'empêchent pas (la contamination) par le virus VIH". En fait, selon les CDC fédéraux (Centres de prévention des maladies), "les préservatifs en latex fournissent une barrière étanche contres les particules de la taille des pathogènes de maladies sexuellement transmissibles" (MST).
Concernant les rapports sans pénétration, "un manuel affirme que toucher le sexe d'un partenaire +peut aboutir à une grossesse+". Certains ouvrages affirment que toute activité sexuelle accroît le risque de cancer de col de l'utérus. D'autres enseignent par ailleurs que "les problèmes de santé mentale sont une conséquence de l'activité sexuelle, sans prendre en compte le fait que ces problèmes peuvent eux-mêmes être à l'origine d'une activité sexuelle précoce, ou que problèmes psychologiques et sexualité précoce peuvent avoir une même origine", souligne le rapport."
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Les jeux vidéos tuent !

http://www.kwyxz.org/weblog/

24 novembre 2004

Dead or a Lie

Depuis que je joue à des jeux vidéo, plusieurs personnes ont semble-t'il décidé de me faire ressentir une certaine culpabilité à ainsi y prendre du plaisir. Mes parents bien évidemment, pour qui cette activité improductive était pure perte de temps alors que j'avais bien mieux à faire. Certains de mes amis pour qui ce loisir était réservé aux enfants en bas âge (pas mal d'entre eux ont changé d'avis depuis, d'ailleurs). Et plus récemment, les derniers à s'y risquer, de façon plus virulente, sont les journalistes. Oh, pas la presse dite « spécialisée » en jeux vidéo non, mais bel et bien le journalisme d'information voire d'investigation. Et ces derniers temps, on peut observer une dérive relativement grave.

Il y a quelques mois, dans « Ça me révolte », émission ô combien douteuse s'il en est, on nous présentait un reportage grotesque sur les jeux vidéo « sanglants », ceux qui apprennent à « tuer », ceux dont on a besoin comme on aurait besoin d'une « dose de stupéfiants ». Avec, images à l'appui, un enfant de 4 ans, Basile, qui s'amusait à dire « sniper, kalashnikov » devant la caméra (avec des sous-titres remplis de fautes d'orthographe, au passage, pour rendre ses propos un peu plus intelligibles). Avec aussi un autiste particulièrement navrant qui « dort quelques heures » durant la journée pour passer sa nuit à « tuer en virtuel », et qui travaille dans une salle de jeux en réseau dans laquelle on peut se rendre pour jouer à des jeux « interdits en France parce qu'ils sont trop violents ». Bref, un beau ramassis de foutaises. Ce reportage était tellement ridicule qu'il était à la limite de la caricature, et effectivement, s'il y a quelque chose après lequel on doit se révolter c'est bel et bien devant un traitement aussi biaisé de l'information.

La semaine dernière, je vois au journal de 20 heures de France 2, l'une des émissions les plus regardées du pays, un reportage sur un site web japonais sur lequel, d'après Béatrice Schönberg, des jeunes se sont retrouvés pour organiser un suicide collectif (...)

Le journaliste commence par planter sa caméra dans une salle d'arcade, et explique que dans cette salle on peut jouer à divers jeux mais que ce sont les jeux de combat qui ont le plus de succès. A l'appui, il interviewe un joueur qui lui explique qu'il « aime les jeux de combat ou de tir au fusil car l'objectif est clair. Ça (le) décharge du stress quotidien". Le journaliste explique ensuite que récemment, 147 collègiens japonais se sont suicidés en avalant des poches de silicone suite à l'annonce du report du jeu « Mort ou vif » (qui, même en France, s'appelle Dead or Alive). Il embraye sur la présentation du site Internet sur lequel se rencontrent les jeunes mal dans leur peau, site qui d'après lui sert de théatre à de macabres réunions d'organisation de suicides collectifs. Il traîne sa caméra dans une forêt dans laquelle un de ces suicides a eu lieu. Puis présente un marché sur lequel on vend des t-shirts représentant un personnage de dessin animé dont l'objectif est le suicide.

Sauf que.

Le jeune joueur ne dit pas qu'il aime les jeux de combat ou de tir.(...) il dit « Chaque fois que je joue, je fais des progrès, c'est ça qui me plait dans le jeu vidéo ». Il y a donc manipulation.

Le personnage de dessin animé, en l'occurrence Kenny de South Park, n'a pas pour objectif le suicide. Il meurt accidentellement dans la quasi-totalité des épisodes, c'est un running-gag. Le journaliste l'ignorait-il ? Il y a donc au mieux affabulation, au pire manipulation.

Le report du jeu Dead or Alive n'a pas provoqué 147 suicides par ingestion de sacs de silicone. Tout connaisseur de ce jeu a dû trouver assez ironique cette allusion au silicone en parlant du jeu Dead or Alive, connu pour les proportions mammaires de ses combattantes féminines et le soin tout particulier apporté à l'animation desdites "proportions". Nombreux furent ceux qui s'interrogèrent sur la source de cette information: 147 personnes qui se suicident suite à l'annonce du report d'un jeu, c'est considérable, même au Japon où le suicide a une place toute particulière d'un point de vue culturel. Les sites d'information liés au jeu vidéo en auraient parlé. Une recherche permet de trouver un article sur le site de Libé qui fait mention de ces suicides en bas de page, sans trop en rajouter. « En février 2003, l'annonce du report de la vente du jeu vidéo de combat Dead or Alive a traumatisé les otaku (fadas de jeux vidéo). Furieux, 147 d'entre eux, collégiens ou lycéens, se sont suicidés en gobant des poches de silicone.» Et c'est tout ?

Non, c'est pas tout. En fouinant un peu, on trouve aussi une news sur un site d'informations sur la X-Box et ses jeux qui fait état du report du jeu, et qui plaisante sur les réactions qu'a suscité cette nouvelle: « les fanas d'import qui avaient précommandé la bête viennent d'être retrouvés pendus avec un soutif géant » et... « La nouvelle a provoqué un drame au pays du soleil levant : 147 otakus se sont suicidés en gobant des poches de silicone pour protester contre ce report de la part de Tecmo». Nous avons sous les yeux une grosse plaisanterie qui a été reprise par un journaliste de Libération. Puis reprise par un journaliste de France 2 qui, pour mieux faire avaler la couleuvre, a été jusqu'à bidonner une interview.

De tels procédés sont inadmissibles et indignes d'un journaliste. A fortiori d'un journaliste comme Philippe Rochot, qui n'est pas un stagiaire ou un débutant mais un vrai professionnel. Le jeu vidéo est une nouvelle fois diabolisé. Une nouvelle fois, cette passion, ce hobby partagé par de nombreuses personnes dans le monde est pointé du doigt par un média, la télévision. Dans quel but ? Pourquoi de telles tentatives de manipulation ? Pourquoi chercher une fois de plus à mettre dans la tête des joueurs qu'ils sont des déviants, perturbés ou suicidaires ?

Encore plus inquiètant, si de tels procèdés sont employés sur un sujet aussi simple que le jeu vidéo, quid des sujets sur la politique ? Sur les relations internationales ? (...)

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Une étude évalue à 100 000 le nombre de civils morts en Irak

Une étude évalue à 100 000 le nombre de civils morts en Irak

LE MONDE | 29.10.04 |

Environ cent mille civils irakiens, parmi lesquels une majorité de femmes et d'enfants ont trouvé la mort, le plus souvent de manière violente, à cause de l'occupation de leur pays par la coalition militaire dirigée par l'armée américaine. Telle est la conclusion d'une étude épidémiologique sans précédent rendue publique, vendredi 29 octobre, sur le site du prestigieux hebdomadaire médical britannique The Lancet.

Ce travail a été mené grâce à une collaboration entre des chercheurs américains de la célèbre Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore (Maryland) et des médecins irakiens appartenant au College of Medicine Al-Mustansiriya de l'université de Bagdad. L'équipe de chercheurs, dirigée par le docteur Gilbert Burhnam, a cherché à comparer les causes de décès et les taux de mortalité observés dans la population irakienne entre, d'une part, les 14 mois qui ont précédé l'occupation et, d'autre part, les 17 mois suivants.

Ils ont obtenu l'ensemble de leurs données en constituant 33 échantillons représentatifs de la population irakienne, chacun d'entre eux étant constitué de 30 familles. Les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires systématiques concernant les décès survenus dans ces familles durant les deux périodes prises en référence. Les dates de ces décès et les causes de la mort étaient également systématiquement recensées.

Cette étude fait apparaître que les taux de mortalité ont été deux fois et demi plus élevés depuis l'occupation que durant la période précédant cette dernière. Les deux tiers des décès par mort violente ayant été recensés à Fallouja, les chercheurs précisent que si l'on exclut cette zone, le facteur d'augmentation du taux de mortalité peut être ramené à un et demi, ce qui correspond selon eux à un total de 98 000 morts supplémentaires. Plus précisément Les extrapolations faites à partir des données collectées établissent une fourchette comprise entre 80 000 et 194 000 décès supplémentaires survenus en Irak depuis l'occupation militaire, et ce toujours sans inclure la zone de Fallouja.

"Sur la base d'une estimation prudente, nous évaluons à environ 100 000 le nombre de morts en excès constatées depuis l'invasion de l'Irak en 2003, a commenté Les Roberts, l'un des auteurs américains de la publication du Lancet. La violence est responsable de l'essentiel de ces morts en excès, et les attaques aériennes des forces de la coalition sont responsables de la plupart des morts violentes."

UN RISQUE MULTIPLIÉ PAR 58

Avant l'occupation militaire l'essentiel des décès enregistrés dans la population irakienne étaient dus à des infarctus du myocarde, des accidents cérébro-vasculaires ou à des complications de maladies chroniques. Par la suite, ce sont les décès dus à des violences qui sont devenus la principale cause de mortalité.

De tels décès ont été recensés dans 15 des 33 échantillons constitués par les chercheurs. Ils sont, pour la grande majorité d'entre eux, attribués aux forces armées de la coalition et concernent des femmes et des enfants. En d'autres termes, le risque pour un civil irakien de mourir de mort violente est, depuis l'occupation, 58 fois plus élevé que dans la période précédente.

Les auteurs de cette étude précisent que leurs conclusions concernant le nombre des décès de civils irakiens dus aux attaques aériennes des forces de la coalition, mériteraient des analyses complémentaires qui pourraient conduire à une révision à la baisse. Ils soulignent toutefois que ce travail fournit la démonstration qu'il est possible de mener des études épidémiologiques de santé publique dans des pays et des périodes où règne "une extrême violence."

Jusqu'ici les quelques estimations concernant des pertes irakiennes faisaient état, au maximum, d'environ 16 000 civils et 6 370 militaires. Selon les chiffres officiels américains 849 soldats ont été tués en mission et 258 autres militaires sont morts dans des accidents non liés aux combats.

Comme il n'hésite jamais à le faire lorsqu'il publie des études médicales qui peuvent être lourdes de conséquences politiques, le docteur Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet, consacre un éditorial au travail de ses confrères américains et irakiens.

Anticipant sur les controverses que ne manquera pas de provoquer la méthodologie retenue, le rédacteur en chef précise que ce travail a fait l'objet d'une relecture par de nombreux spécialistes. The Lancet a reçu ce texte dans les premiers jours du mois d'octobre et sa publication a été accélérée du fait de son importance sur l'évolution de la sécurité en Irak.

Richard Horton ajoute que "l'impérialisme démocratique a conduit à plus de morts, pas à moins". "Cet échec politique et militaire continue de provoquer d'innombrables victimes parmi les non-combattants, conclut-il Cet échec devrait être l'objet de sérieuses recherches."

Jean-Yves Nau

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Manu Chao et le P2P
Téléchargement : pour Manu Chao, les "majors" meurent de leur propre loi ==

PARIS, 29 oct 2004 (AFP) - Le téléchargement pirate de la musique sur internet est "inévitable", estime le chanteur Manu Chao, selon qui les grosses maisons de disques "meurent de leur propre loi", la loi du marché, et réagissent en "bête blessée" en poursuivant des internautes en justice.

"Les grosses maisons de disques sont en train de mourir, il n'y a plus de place pour elles. C'est comme la fin des dinosaures: il y a un changement de climat", déclare Manu Chao à l'AFP avant la sortie en librairie, lundi 1er novembre, de "Sibérie m'était contéee", recueil de textes, dessins et chansons élaboré avec le dessinateur Wozniak.

Le téléchargement gratuit "est inévitable, c'est la marche du temps, ajoute-t-il. C'est obligé, c'est la loi du marché. C'est le capitalisme qui a inventé ça: on choisit le moins cher! Ils (les responsables des multinationales du disque, ndlr) sont en train de mourir de leur propre loi".

Pour Manu Chao, dont les opinions sont marquées très à gauche, les poursuites judiciaires engagées par les responsables de l'industrie du disque contre les internautes utilisateurs des réseaux d'échange "peer-to-peer" (P2P) constituent "la preuve la plus totale qu'ils sont perdus".

"C'est débile, ridicule, c'est une réaction de bête blessée", juge le chanteur, qui avait sorti une version courte de "Sibérie m'était contéee" fin septembre en kiosque, hors du circuit de distribution classique des maisons de disques.

Manu Chao fait cependant une distinction entre "majors" et petits labels indépendants: "Les grosses boîtes morflent mais les petites aussi. C'est là qu'il faudrait une éthique du public: que les jeunes piratent les gros comme moi, mais qu'ils fassent l'effort d'acheter chez les petits labels".

"Mais ce n'est pas perdu pour tout le monde, poursuit-il. La grosse industrie qui vend les petites machines à pirater, genre iPod (baladeur numérique d'Apple, ndlr), se fait des +couilles en or+. C'est un pan de l'industrie qui se casse la gueule pour un autre qui se frotte les mains."

"La seule chose qui n'est pas piratable, c'est la scène. Il va y avoir une sélection naturelle terrible: ce sera plus facile de vivre pour les musiciens qui savent se défendre sur scène que pour ceux qui ne dépendent que du disque", conclut le chanteur.

Le contrat qui liait Manu Chao (ancien de la Mano Negra) à la maison de disques Virgin depuis 1989 a expiré en 2003. Il a créé sa maison de production, Radio Bemba (et son pendant pour l'édition, Les Mille Paillettes), dont il a confié la gestion à son agent et tourneur, Corida.

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